Extrait n°1 de l'iroko

21/06/2019

- Il est à quelle heure ton train ? Gabin regarde sa montre : dans vingt-cinq minutes.

- Alors tu veux que je te dépose à la gare en voiture ?

- En voiture, c'est parfait, avec grand plaisir ; on en profitera pour faire connaissance...

Ils roulent vite pour arriver à l'heure à la gare, avec toutes ces rues encombrées, ce n'est pas gagné. Gabin lui dit qu'il reviendra dans deux jours, après sa réunion à Paris et qu'à son retour il souhaite la revoir. Son ton est sincère ; il griffonne son zéro six sur un bout de papier arraché à une publicité et le dépose dans le porte-gobelet entre les sièges.

- Diane, je regrette de devoir partir aussi vite, j'aimerais tellement rester un peu plus avec toi !

Voilà la gare.

Elle se gare à l'arrêt minute, enclenche le frein à main, et se penche vers Gabin, yeux dans les yeux, pour un long baiser fougueux auquel il répond avec encore plus de fougue.

Puis lentement, sans la quitter des yeux, il ouvre la portière et tout en la refermant il se penche par la vitre baissée pour lui dire sensuellement, avec un regard insistant :

- Appelle-moi quand tu veux.

Puis il disparaît, « bouffé par l'escalier », comme dit Brel dans Orly.

Diane est heureuse, elle jette un œil dans le rétroviseur pour apercevoir son reflet et ma foi, elle se trouve sexy avec beaucoup de charme.

Elle s'adresse un beau sourire et roule tranquillement vers son bureau, enthousiasmée par cette rencontre qui pimente sa vie. Elle allume la radio et tombe sur un vieux slow In the air tonight qui la projette plus de vingt ans en arrière...

Vingt ans, elle revoit en un petit film rapide, les moments clés de cette époque, ceux qu'elle a vécus pour devenir ce qu'elle est aujourd'hui. Elle ne reviendrait pour rien au monde en arrière, plus les années passent plus elle se sent elle-même et il y a tant de souvenirs à venir à collecter !